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La justice guinéenne est incapable, selon la RADDHO-Guinée

24-Fev-2010

La section guinéenne de la RADDHO (Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme ), tout en estimant que le travail de la CPI en Guinée a été « très positif », pense que celle-ci doit se charger du dossier du 28 septembre.

Selon le président de la branche guinéenne de l'ONG de défense des droits humains, Mamady Kaba, la Cour pénale internationale doit « prendre ses responsabilités ».

Mamady Kaba estime que la justice a bénéficié d’une confiance aveugle après la répression qui a sanctionnée les soulèvements populaires de janvier et février 2007, sans pouvoir relever le défi.

« Tout le monde sait que la justice n’est vraiment pas indépendante, elle est toujours sous ordre. Si cette justice n’a pas pu régler les tous petits problèmes enregistrés ça et là, je ne vois pas comment elle pourra relever un défi aussi énorme en jugeant des crimes qualifiés de crimes contre l’humanité. En janvier et février 2007, nous avons eu confiance en cette justice en chassant les préjugés de nos esprits. Nous avons vu le résultat. Elle n’avait fait que consacrer l’impunité, l’apologie du crime », explique le président de la RADDHO-Guinée.

« Nous avons apporté toutes les preuves que nous avions sous la main, ensuite le résultat des enquêtes de Human Rights Watch, de l’ONU. C’est avec tout cela que nous sommes parvenus à conclure qu’effectivement c’était des crimes contre l’humanité. Les autorités n’ont pas pu prouver qu’elles étaient capables de faire la lumière sur ces crimes », poursuit M.Kaba dans un entretien accordé au Démocrate.

« Nous espérons que la CPI va prendre ses responsabilités », dit-il.

La Procureur adjoint de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, avait déclaré la semaine dernière à Conakry que des crimes de l’ordre de crime contre l’humanité ont été commis à Conakry, le 28 septembre 2009.

Par ailleurs, Fatou Bensouda avait autorisé la justice guinéenne à poursuivre les auteurs de ces crimes et à les condamner. « La Guinée peut devenir un exemple, si les Guinéens jugent les principaux responsables de ces crimes atroces. Cela servira la paix et la réconciliation en Guinée », avait-elle souligné.

« Les enquêteurs ne doivent recevoir aucune instruction. Ils doivent travailler en fonction des textes guinéens. Les procédures doivent être menées de manières », avait insisté Amady Ba, Chef de la section Coopération du Bureau du Procureur de la CPI.

En dépit de l’espoir nourrit par la juridiction internationale, Mamady Kaba arrive à la conclusion que « Les défaillances de la justice sont à tous les niveaux ».

Ougnan Elie Camara
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