Thursday, September 09, 2010
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N'Zérékoré : " la situation sécuritaire se normalise", dixit un responsable

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8-Fev-2010

Depuis des lustres, Jean Marie Doré n'a eu cesse de s'époumoner pour alerter sur la situation qui se développe en Guinée forestière. Et d'autres observateurs n'ont pas manqué de subodorer les ferments d'une instabilité à venir et d'appeler les autorités à prendre leur responsabilité. Tout se passe aujourd'hui comme si ces alertes n'ont pas eu l'écho qu'elles méritaient. Loin de là. Maintenant que la situation se calme un peu, faisons l'indispensable rétrospective...


Au milieu des années 90, il y a eu dans cette région, ce qui pourrait s'apparenter à des pogroms contre les ressortissants de la Haute Guinée.

Une si sombre page qui est quasiment passée dans l'oubli sinon dans l'inconscient collectif. Quant aux derniers remous qui ont agité la capitale de la forêt la semaine passée, ils rappellent non seulement les douloureux souvenirs d'un certain passé, mais reposent cruellement la réalité qui persiste.

Comme l'arbre de saurait cacher la forêt, n'est-il pas venu le temps de repenser de façon responsable et impartiale, les problèmes de cohabitation dans le grenier de notre pays.

Le fait est que cette dynamique contrée de notre pays était réputée par l'hospitalité de ses pacifiques populations. Mais l'histoire aura joué un mauvais tour à cette contrée qui, par la force des choses est devenue le réceptacle de milliers de réfugies, accourus du Liberia et de Sierra Leone, et plus tard du Côte d'Ivoire. Trois pays ayant basculé dans des guerres civiles et avec qui, la Guinée forestière partage de forts liens culturels et de sang.

On ne saurait occulter le cas des rebelles du Lurd et de l'Ulimo qui ont établi des bases dans la région et qui se comportent comme en territoire conquis. Revenons alors à ces nombreux Guinéens naguère établis dans ces divers pays, qui ont regagné la mère-patrie avec armes spirituelles et bagages.

Dans cette région, où chrétiens et musulmans ont cohabité dans l'harmonie, un ressort semble s'être cassé. Les nouveaux arrivants sont accusés d'en être les principaux auteurs, aux côtés de certains de leurs frères radicaux en Islam.

Au regard de maints observateurs, il n'en fallait pas plus pour monter la tension entre les autochtones qui se voient méprisés par ceux qu'ils tiennent désormais pour des allochtones, et non des Guinéens.

On ne sait pas trop ce que l'avènement de Moussa  Dadis a apporté à cette situation, mais il est probable que cela n'a pas joué en faveur de la décrue des rangs.

Osons alors espérer que le Premier ministre qui prétend bien connaitre l'état des lieux aura la sagesse, le courage et les moyens de déminer la Guinée forestière.

Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info

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