Saturday, July 31, 2010
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Contrefaçon : la température monte entre Tiégboro et le président de la Cour d’appel de Conakry

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6-Fev-2010

Le ministre des services spéciaux, de la lutte anti-drogue et du grand banditisme, le lieutenant-colonel Moussa Tiégboro Camara et le premier président de la Cour d’appel de Conakry, Doura Chérif, ne sont plus d'accord. Le premier accuse le second d’avoir publié un arrêt de jugement contraire à la norme. Ce dernier refuse de répondre à la convocation du ministre.

Le ministre Moussa Tiégboro Camara est révolté contre Doura Chérif. Il le reproche d'avoir mis en liberté provisoire, sept Chinois arrêtés en janvier 2009, pour fabrication illicite de produits pharmaceutiques.

« C’est par arrangements que ces Chinois bandits sont libérés. Selon ce qui est dit, ils sont en liberté provisoire. Or ils m’ont proposé 150.000 dollars pour les libérer, mais j’ai refusé. Je n’ai pas préféré l’argent à la mission que mes chefs hiérarchiques m’ont confiée. Je me dis que les gens sont tombées sur la tête. Je préfère cette pauvreté que de traîner la nation guinéenne, il faut que les gens le comprennent », a déclaré Tiégboro dans le journal télévisé du jeudi.

De son côté, Doura Chérif ne cache pas son étonnement. Il estime que le ministre n’a pas d’ordre à lui donner. Il refuse de répondre à l’invitation de Tiégboro de se rendre au camp.

« Monsieur le ministre Tiégboro m’a convoqué le 1er février à ses services et j’ai refusé de répondre à cette convocation. Il m’a dit invitation. Je refuse. Il n’y a pas de subordination entre le ministre chargé de la Répression du grand banditisme et moi. Donc, il n’y a pas d’insubordination. La justice doit être indépendante », a-t-il affirmé à Guineenews.

« La Cour a pris une décision de reformation, de requalification et a renvoyé l’affaire à ce mercredi 3 février. En plaçant les inculpés sous contrôle judiciaire, sous la responsabilité de l’ambassade de la Chine en Guinée et en convoquant toutes les parties. Parce qu’il y a des Guinéens là-dedans, il y a des Chinois. Des Guinéens qui ont été libérés par fantaisie, des scellés qui n’ont jamais été présentés : 14 machines qui ont été prises par les services de Tiégboro ; une voiture qui a été prise, des bijoux qui, dit-on, ont été prises par ses services… Nous avons demandé que tout cela soit représenté et que l’audience se tienne ce mercredi 3 février. Et voilà ce qui a choqué peut-être Monsieur le ministre chargé de la répression du grand banditisme. Les Chinois ne sont pas relaxés », s’est-il défendu.

Le lieutenant-colonel n’entend pas baisser les bras. Il jure que les preuves détenues par ses services dans cette affaire vont  permettre de faire la lumière et de renvoyer les Chinois en prison. « La preuve est là car on ne l’a pas encore incinéré. Les produits pharmaceutiques sont là. Ces chinois  n’ont pas droit à une liberté provisoire. ils ont plutôt droit à une peine capitale », enfonce-t-il.

Mamadi Toure

lejourguinee.com

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