Saturday, July 31, 2010
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Human Rights Watch veut le limogeage de Pivi et de Tiégboro

5-Mars-2010

L'ONG Human Rights Watch a invité, jeudi 4 mars, le général Konaté et le PM Jean Marie Doré à « entreprendre une action concertée en accord avec les normes internationales pour empêcher, enquêter et poursuivre les violations des droits humains commises par les forces de sécurité guinéennes ».

Selon l’organisation de défense des droits humains, le président intérimaire et le Premier ministre doivent tout mettre en œuvre durant la période qui précède les élections, pour contrôler l’armée. Ceci, afin d’éviter les manipulations et les intimidations au moment du scrutin.

« Konaté et Doré ont une opportunité de rejeter l'impunité persistante en Guinée et de mettre un terme à la violence », a déclaréCorinne Dufka, chercheuse senior pour l'Afrique de l'Ouest à Human Rights Watch. « Rendre compte des exactions passées et construire une société s'appuyant sur l'État de droit, c'est le travail d'aujourd'hui et non de demain », a-t-elle poursuivi.

Par ailleurs, l’ONG américaine conseille le limogeage du commandant Claude Pivi (ministre à la Présidence chargé de la sécurité présidentielle) et le lieutenant-colonel, Moussa Tiégboro Camara, ministre à la Présidence chargé de la lutte anti-drogue.

« Human Rihts Watch a aussi exprimé sa préoccupation à propos de la promotion accordée en décembre 2009 et du décret présidentiel du 16 février reconfirmant à de hautes fonctions au gouvernement deux officiers militaires haut gradés qui sont, selon les enquêtes de Human Rights Watch et des Nations Unies, lourdement impliqués dans des actes de torture, des meurtres et des viols.
Human Rights Watch a appelé à ce que ces officiers - le Major Claude Pivi et le Lieutenant-colonel Moussa Tiégboro Camara - soient destitués de leurs fonctions dans l'attente d'une enquête impartiale sur leurs rôles dans les violences de septembre et dans d'autres exactions graves », peut-on lire dans le communiqué.

Selon l’organisation, Pivi aurait été impliqué dans la répression du 28 septembre qui a fait entre 150 et 200 morts.  Elle rappelle aussi que le ministre chargé de la sécurité du général Konaté a  aussi été impliqué dans des actes de torture commis en 2008, y compris à l'encontre de policiers guinéens, des actes criminels dont des vols, et le meurtre en décembre 2009 de deux soldats qui auraient été liés à la tentative d'assassinat du 3 décembre contre le dirigeant du coup d'État.

Pour le lieutenant-colonel Tiégboro Camara, elle lui reproche d’avoir  commandé « personnellement », des gendarmes qui a employé une force meurtrière contre les partisans de l'opposition qui convergeaient vers le stade de Conakry, le même 28 septembre.

« Plusieurs hommes placés après le massacre de septembre dans un centre de détention ad hoc sous son commandement direct auraient fait l'objet de graves exactions. En juin 2009, il a exhorté publiquement des jeunes à mettre en place des brigades de surveillance en leur tenant les propos suivants : Si vous prenez un voleur en flagrant délit, mettez de l'essence sur lui et brûlez-le vivant », dit HRW.
Selon Corinne Dufka, « les victimes des violences de septembre ont du endurer le fait que sont toujours en service des membres de la Garde présidentielle et d'autres qui ont pris part au bain de sang. Mzid  ce qui est pire, c'est que nombre de ces coupables présumés, entre autres Pivi et Tiégboro, ont bénéficié d'une promotion et ont été récompensés par des fonctions gouvernementales. » 

Mamadi Touré
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