11-Mars-2010
De par les temps qui courent à Conakry avec ses cortèges de dèches, elles sont nombreuses les filles dénommées DVD (Dos et Ventre Dehors) à se rendre dans les Cybers communément appelés ‘’Cybers Chéris’’. Ces filles le plus souvent âgées de 15 à 35 ans sortent tous les matins de la haute banlieue destination Kaloum où est concentré le centre des affaires.
A les voir, sacs en bandoulière, pantalons serrés, teints luisants avec une démarche adaptée à celle des Américaines projetées en Guinée par la chaîne de télévision ‘’Trace TV’’, on a l’impression qu’elles vont au bureau ou qu’elles ont un travail à faire mais, loin de tout ça. Elles se rendent plutôt dans l’un des Cybers le plus fréquenté de Kaloum à la quête à travers l’Internet notamment les sites réputés dont 123 love, Hi5, d’éventuels amants ou soi-disant fiancés.
Le phénomène a pris d’ampleur à tel enseigne que les filles ne se gênent plus à exposer certaine partie de leur corps à travers le webcam. A l’image de Mlle Binta Sow que nous avons trouvé dernière un poste entrain de tchatcher sur 123 love, surprise de notre présence, elle s’empresse de réduire sa page de connexion et nous demande le pourquoi de notre présence à ses côtés. Nous voulons juste savoir pourquoi vous êtes ici. Hésitant d’abord, Binta élève en classe de Terminale a fini par nous expliquer le but de sa présence : « Je suis là pour me faire d’amis à travers le monde car grâce au développement de la technologie nous pouvons communiquer en un temps record avec plusieurs personnes et au moindre coût. J’aime me connecter parce qu’il est facile d’avoir des amis, parfois des fiancés et même des gens qui t’invitent à l’extérieur. D’ailleurs, j’ai beaucoup d’amis qui ont voyagé grâce à l’Internet, c’est ce qui me motive aussi ». Vous payez combien pour la connexion ? « Les 30 minutes sont à 3500 GNF et il m’arrive de faire parfois 1h voire 2h, c’est selon mes correspondants ». Comment gagnez-vous l’argent ? Après un sourire, elle répond : « Mon ami, nous sommes à Conakry, ce n’est pas compliqué pour moi de trouver de l’argent, dès fois aussi mes parents m’en donnent ».
A proximité de Mlle Binta un jeune journaliste était aussi connecté pour mettre son texte en ligne, sans être demander, il s’est mis à expliquer le bien fait de l’Internet, avant de déplorer le fait que ces jeunes filles viennent se connecter pour d’autres fins contraires aux mœurs et coutumes du pays : « L’Internet est bon si toutefois tu es là pour des recherches. Mais, c’est déplorable aujourd’hui de voir certaines de nos sœurs exposées parfois leur sein sur le net pour convaincre leur partenaire qui sont de l’autre côté du monde. Et le plus souvent ces aventures tournent au cauchemar pour ces filles auxquelles ces diapos promettent vents et marrées. Si l’Etat n’y prend pas garde nos sœurs risquent de ternir l’image de notre pays et compromettre leur avenir pour des futilités ».
Le gérant assis à l’entrée du Cyber supervise à travers un ordinateur le temps de tous les postes occupés donc, plus affairé à orienter les internautes s’est tout de même intéressé à nous. A la question de savoir la catégorie de personnes qui fréquente son Cyber, Amadou Diaby dit qu’il reçoit toutes personnes ayant la possibilité de payer la connexion parce que ce n’est pas gratuit. Avant de préciser que les filles sont les plus fréquentes et prennent beaucoup plus de temps derrière les ordinateurs. C’est ce qui m’arrange parce que plus le temps passe plus je gagne plus d’argent ».
En attendant que nos sœurs prennent conscience de cette pratique qualifiée de déshonorante par certains, les gérant des ‘’Cybers Chéris’’ eux, continuent à se faire de l’argent grâce aux interminables connexions surtout nocturnes.
Ibrahima et Aïcha Bah
Conakry
Source: koaci.com